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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 19:46

Et voila, comme souvent, j'ai rendez vous et je m'y prends à la dernière minute. Je m'étais bien jurée hier de me lever tôt. Mais non, rien n'y fait, même cette nouvelle leçon avec mon pro-fesseur, n'arrive pas à me faire bouger plus vite. La préparation à ces rencontres dure quelques heures, je le sais pourtant. 

Bref, je suis en retard, mais j'ai suivi ces ordres. Nue sous un manteau, juste des bas. Dans mon sac, le matériel que tout bon élève se doit de posséder et des habits pour l'après. J'y ai rajouté un cadeau pour lui. Une de ces demande pour l'avenir, il ne sait pas que je me le suis procurée, tout comme je sais qu'il ne l'utilisera pas ce jour. Un fouet ne se manie pas sans en avoir prit connaissance. Je pars presque à l'heure, mais les transports s'amusent avec moi. Le bus que je prends pour arriver chez lui est, aussi en retard. Un SMS : "j'aurai 10 minutes de retard, m'acceptez vous toujours ?". Notre temps étant compté, autant lui demander. La réponse ne se fait pas tarder : "Vous en payerez le prix ! Arrivez !"

Les choses sont claires. Me voici nue sous mon imper, en bas d'une cité pas terriblement bien famée. Il fait du vent, mon manteau s'ouvre et je ne sais pas trop ce qui m'attend. Autant être droite dans ces bottes, ou plus exactement sur mes talons aiguilles. Lunettes de soleil sur le nez, le bus arrive enfin, je monte, y trouve une place. Et, il faut bien le dire, je snobe la fille en face qui me regarde comme si j'étais une extraterrestre. C'est elle aperçue de ma presque nudité ? Je m'en fous en fait, je suis toute aux minutes qui défilent et à me poser une question "Que va t-il faire ? quelle va être la leçon du jour ? Que va être cette punition ?"

Ca y est, sans trop d'appréhension, je suis devant sa porte. Une dernière touche à ma tenue, et je tape. En ouvrant, il me dit "12 minutes de retard. Je verrai plus tard. Ôtez votre manteau et à genoux face au mur !" C'est étrange comme aucune crainte de ce qu'il va pouvoir se passer ne m'étreint. Je ne le connais quasiment pas, la plupart de nos rendez vous ont été reportés, mais je sais qu'il ne me fera pas de mal. Je le sens à l'écoute de ses envies, de mon corps, de mes possibilités. 

489609 477208435 401792-538838684-nk1mcucg-h094017-l H22253A genoux je suis, face à un mur blanc, les mains derrière le dos à attendre, à l'écoute. Quand je sens sa présence dans mon dos, nul frémissement de doute. Quand je vois un bandeau se poser sur mes yeux, j'esquisse un sourire. Alors qu'il va et vient dans son appartement, je patiente. J'impatiente le premier coup qui arrive assez vite. Il a choisi le cuir malléable d'un martinet, cinglant et doux. Non je ne cris pas... Un credo chez moi, ne pas crier, jamais, en tout cas le moins possible. Je ferme juste les yeux et je respire à fond. Je sens mon dos se zébrer de rouge à chacun de ces coups. 

Comment expliquer ce sentiment de plaisir, comment se l'expliquer à soi dans un premier temps, aux autres quand ils posent des questions. Ces lanières qui cinglent ma peau et moi qui me détend de plus en plus, presque comme si je ne faisais qu'un avec l'objet. Comme si je renaissais à chaque coups porté.

Pourquoi s'arrête-t-il ? Je le sens ce reculer. Pourquoi ? Pour me demander de poser mes bras, ma tête, à même le sol. Il veut ma croupe. Je ne suis plus moi même, ou peut être ne suis je que moi. Une chose malléable dans l'attente, le désir de plus, encore plus, toujours plus. Je me positionne comme il me l'a ordonné, en mettant le seul sens qu'il me reste en action. Je l'entends fouillé dans mon sac, il sort "l'artillerie" de dedans. Quand il me glisse un merci à l'oreille, je comprends qu'il a trouvé mon cadeau. Je souris et lui réponds que je lui avais promis et je tiens toujours mes promesses. Il ne sait pas à quel point j'ai envie qu'il se fasse la main sur moi. Il y a encore 3 mois je ne connaissais rien de ce milieu, il m'attirait et me repoussait en même temps et aujourd'hui, je me sais prête à ça avec lui. Mais je ne lui dirai rien. Je sais qu'il ne faut pas aller trop vite, qu'il ne faut pas sauter les étapes. "La prochaine fois, nous l'essayeront" me dit-il.

Avant la prochaine fois, il a d'autres idées en tête. D'autres envies. "Assouvis les Monsieur, asservis moi !" mon cerveau pense sans, les mots resteront où ils sont. Martinet au nouveau, sur ma croupe, mais cette fois il l'a doublé, un dans chaque main, tel un percussionniste, il abat les lanières en mesure, en force ou en douceur. Mon corps vibre, ondule, jouie intérieurement. Ma respiration s'accélère, se fait haletante. Quand il décide de fouiller ce corps, il n'abandonne le martinet que d'une main. Quand il me prend d'une main, de l'autre il cingle. J'ai envie de me caresser de jouir de ce moment. Mais je n'ose pas le faire, ni lui demander l'autorisation. Au moment où il s'écarte de mon corps, celui ci se retrouve sur le sol, frémissant. Petit à petit mon esprit réintègre celui-ci, petit à petit, je ne refais plus qu'une avec moi. 

"Assieds toi, reprends toi. Ce n'est pas fini !" Je crois que je souris en l'entendant. Oui encore ! 

Il m'aide à me relever et me fait asseoir sur un tabouret. Là je sais ce qu'il va se passer. Des cordes. Shibari ! j'adore, j'aime me sentir prisonnière de certains de mes mouvements. Le sait-il ?  Contrairement à d'autres fois, il me menotte les poignets. Un tour par dessous, un tour par dessous, il me tricote une camisole. Je ne bouge ma tête que de gauche à droite en fonction. Les épaules, les seins, un tour par ci, un noeud par là. Seul mes pieds bougent. Il sait pourquoi. "Tu veux voir" me demande-t-il. Le sourire, qui je suppose éclair mon visage, en est la réponse. 

Je le vois lui, enfin, torse nu, me souriant. Les cordes, rouges, flamboyante sur ma peau. J'aime, j'aime voir, regarder son oeuvre. Ce n'est pas moi que j'observe, mais ce qu'il fait de ma personne dans ces moments là. Je ne saurais jamais ce que lui ressent, par moment je souhaiterais être dans sa tête, comprendre ce qu'il l'anime. Apprendre son léger sourire. Cela ne dure que peu, tant je vis ces instants de partages et d'offrandes avec plénitude. 

Quand il se décide à prendre en main une canne anglaise et qu'il pointe mon bras, je sais qu'il m'octroie la possibilité de regarder. Voir cette marque naître sur ma peau, cette zébrure qui va rester quelques jours. Que je vais toucher comme un talisman. Le deuxième est plus appuyé. Respirer profondément encore et toujours, soupirer, faire sienne cette douleur diffuse. Il ne veut pas m'en faire cadeau d'autres et replace le bandeau. Pourquoi m'en place-t-il un autre en bâillon ? Il sait pourtant que je ne vais pas crier. Ça doit lui faire plaisir, après tout, je suis là pour lui, sa propriété du moment. Il fait de moi ce qu'il veut. Et je ne peux rien faire pour l'en empêcher. 

L'ouie le sens le plus précieux, d'une abondonnée, se remet en action. Il pose la canne, prend un autre objet. Quand les premières lanières fouettent mon dos, je comprends le pourquoi du baîllon. Il s'en donne à coeur joie. La peau qui n'est pas sous la corde, je le sais, rougie de lui. Il s'en délecte, autant que moi je l'espère. Je ne sais pas combien de temps cela à durée, je ne sais pas combien de fois il m'a supplicié l'échine. Tout ce que j'ai senti ce sont les larmes monter et se déverser. La tête encore droite, s'est baissé. A ce moment la seulement là, il a stopper. Là et seulement là, il a eue le geste de m'entourer d'un bras protecteur tout en ôtant bâillon et bandeau et en disant "Pleure, laisse les venir, ne retient rien". 

Comment savoir si lui en a retiré une jouissance, comment lui dire que mes larmes sont la mienne ? Il n'y a que peu de mots pour l'exprimer. Pour nous, il n'y a que les pirouettes de clown qui nous font passer de l'autre coté du miroir. C'est notre façon de nous faire revenir à une certaine réalité, en tout cas c'est la mienne. 

Après avoir défait les liens, il me tend un café et me dit avec un grand sourire "Maintenant, la punition. Tu pensais que je l'avais oublié !" En effet, le rictus que je fais lui fait entendre que oui en effet, elle était sortie de mon tête. J'ai bien essayé de lui faire ma face d'ange qui ne faute jamais, il n'en a eue que faire. "Bois ton café tranquillement, tu vas en avoir besoin. Reprends tes esprits. Quand tu seras prête, tu me le dis !". 

Bravade, je finis le breuvage et lui dis "Autant en finir le plus vite possible".

"A genoux, face à moi, bras en croix. Je ne veux pas que tu bouges." Il me replace ce fichue bandeau. Ah que j'aimerai le voir, que je souhaiterai un jour qu'il me laisse l'observer prendre mes maux. Mais je sais aussi qu'il ne va pas retenir son bras, je sais que je vais avoir mal. Une appréhension, la première vraie de la journée monte en moi. Je m'exécute, me positionne comme il me l' ordonné et attend.

"Pas de bâillon ?!" question ou affirmation, je ne le sais pas. Mais je fais non de la tête. Même si je sens le risque. "Ok pas de bâillon. 12 minutes, 12 coups. Tu vas les compter, si tu te trompes, si je ne t'entends pas, je recommence !" Pas super fière, je me concentre. Je cherche au plus profond de moi le courage qu'il me reste. Et je mets le peu de conscience qu'il me reste en action. Essayer de savoir où il se trouve par rapport à moi quand j'entends le sifflement d'une canne anglaise qui fouette l'air. Ce son si distinct, je focalise dessus. Il est près de moi, tout prés. Il s'amuse de me voir, légèrement tremblante, dans l'attente. Il frappe l'air encore et encore, de plus en plus proche. Il me prépare, il m'appréhende.

Quand le premier coup tombe, je ne l'attendais plus, je ne l'ai pas senti venir. Je l'ai pris comme il venait, ferme, tendu, douloureux. "Un", le décompte est automatique, il commence, "deux" un sein puis l'autre, "trois, quatre, cinq". Le mal est aiguë, ma voix se fait plus petite, je ne tiendrai pas jusqu'à douze. Mais il le faut. "Plus fort, je n'entends rien !". Mon corps tremble, mes cuisses tétanisent. Je dois me reprendre pour que le six sorte de ma bouche. "sept, huit, neuf". Ma voix emplie de larmes anone plus qu'autre chose. Je ne suis plus grand chose sous sa canne anglaise. La brûlure sur mes seins est à la limite du supportable. Mais je ne craquerais pas. Mes yeux perlent des larmes. Je les sens couler le long de mes joues. "Dix, onze". L'ultime vient me libérer. Je peux baisser la tête, relacher mon corps. Ne pas toucher à mes seins. Ne pas les soulager.

Ses mains qui se posent sur mes épaules. Il enlève pour la dernière fois le bandeau de sur mes yeux et me fait face. J'essuie mes joues et lui souris...

"Même pas mal !"

 

 

...Je ne suis pas certaine que les mots ont dépassés ma pensée, je ne sais plus trop ce qu'il s'est passé les minutes qui ont suivi. Ce que je sais avec le recul, c'est que ce jour là, j'ai compris qui j'étais au fond de moi. Qu'il m'a fait naître une grande fierté d'être ce que je suis. 

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Published by obscure-clarte - dans Texte
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